Mardi 10 mars 2009


 

La « loi relative aux libertés et responsabilités des universités » dite loi LRU est une étrange surprise pour les Libéraux car son intitulé même reprend deux des principes fondamentaux du libéralisme. Depuis les premières tentatives d’autonomisation, l’université française est devenue une machine bien rodée pour annihiler tout espoir de réforme de son système corporatiste. Il ne faut pas avoir peur d’ouvrir les yeux sur le problème explicite de l’enseignement supérieur : les grèves massives reviennent chaque année, enseignants et étudiants sont unis dans ces luttes violentes défendant un immobilisme déroutant.

 

Les enseignants chercheurs se savent protégés à la fois par l’aura de l’université au sein de la fonction publique, citadelle du privilège assiégée,  mais aussi par un pouvoir public qui n’ose mettre fin aux enfantillages  indociles des irresponsables.

 
Il est incontestable que la proposition de loi n’était pas adéquate et qu’elle ouvrait la porte aux dérives types du centralisme à la française. Néanmoins la défense des enseignants chercheurs dans ces grèves fleuves qui perdurent après le recul total du gouvernement serait criminelle tant leur discours est intolérable. La haine de la concurrence pour préserver une soi-disant égalité des chances et le culte d’un savoir pur loin du marché apparaissent comme des préoccupations bienveillantes à l’égard des étudiants ni libres ni responsables, ne s’attardant pas sur les problèmes d’efficacité au niveau international. La seule et unique préoccupation des enseignants chercheurs est la préservation de leur condition d’enseignement sans prise en compte des dégâts d’un égalitarisme bien pensant sur les connaissances transmises.
 

 


L’échec de la réforme et le recul du gouvernement témoignent des limites de l’action qu’un monopole étatique peut offrir. Les enseignants chercheurs ont pourtant approuvé l’idée d’un contrôle de leur travail, en s’apercevant sûrement de leur position étrangement privilégiée au sein d’une société capitaliste qu’ils critiquent. Sous un discours joliment primaire se fait sentir une peur face à l’étrange sentiment de responsabilité encore inconnu au sein de la fonction publique.

 

Sachant que les immobilistes sortiront victorieux de cette énième tentative pour réformer un monopole public, il faudrait bien évidemment abolir radicalement ce monopole qui perdurera en l’état tant que nul n’osera s’élever face aux dérives du centralisme.

 

Abolir le monopole sur l’enseignement supérieur c’est laisser l’université libre de choisir son mode de fonctionnement, de s’adapter ou non au système public. Une véritable concurrence internationale verra le jour, allégée de tous diplômes nationaux fastidieux et inutiles. Sur le plan de la recherche, les initiatives innovantes seront possibles une fois que la planification nationale prendra fin. Une fois encore, c’est le contrôle global de l’Etat qui est le ciment du malaise universitaire.

 

 

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