Des conséquences de l'extrémisme en philosophie politique.
Nous sommes donc passé du choix politiques classiques Freedom or dictatorship ? à Which kind of dictatorship ?, nous dit très bien Rand. C’est à dire que le débat n’est plus qu’à sens unique, avec deux extrêmes effrayantes représentant – encore ici grossièrement – la dictature pour riche (fascisme) ou la dictature pour pauvre (communisme). L’attitude à adopter est tout logiquement l’attitude de la modération !
À notre époque toute discussion politico-économique oppose riches contre pauvres – dans une logique purement puérile et marxiste-bon-enfant. En revanche, l’opposition plus subtile de l’individu et de l’Etat total – comme gouvernement arbitraire et immoral – a volontairement été oubliée.
Avec la logique de ces deux extrêmes artificielles, les gouvernements adoptent ainsi l’économie mixte. Ayn Rand voit très bien la perversité de cette modération comme système de valeur suprême, qui est le symbole moral et éthique de l’économie mixte. C’est la société de la modération que nous décrit savoureusement Rand dans Extremism, or the art of smearing :
« Quelle est donc la politique la moins risquée ? L’économie mixte, le centrisme modéré, avec une quantité modérée de faveurs gouvernementales et de privilèges aux riches et une quantité modérée de charité étatique aux pauvres, avec un respect du droit modéré et un usage de la force modéré, avec une dose de liberté modérée et un niveau d’injustice modéré, avec un respect de la tolérance modéré pour tous, excepté pour les extrémistes qui outrepassent les principes de la modérations et refusent le compromis. » (je traduis)
Mais le libéralisme ne supporte aucun compromis, car des principes aussi importants que l’éthique, la morale, la connaissance ou la liberté ne peuvent faire l’objet de « compromis ». Une économie mixte devant quant à elle tendre irrémédiablement d’un coté ou de l’autre selon les aléas des idées du temps. Les collectivistes en tous genres mettent à plat la doctrine libérale en salissant ses fondements et en détournant l’attention vers un faux clivage politique.
On pourra rapprocher la question anarchiste de cette fabulation politique sur des extrêmes bonnes à légitimer une modération insoutenable pour qui a quelques principes éthiques. L’anarchisme collectiviste et anticapitaliste revenant à une forme de socialisme radical incohérent.
La situation politique contemporaine – et sa réception auprès des peuples d’Europe et d’ailleurs – est tronquée, au bénéfice
des nombreux moralisateurs (politiciens, enseignants, journalistes, miséreux, incompétents, jeunes imbéciles etc.), tous rattachés de près ou de loin aux services étatiques qui prennent de plus
en plus d’ampleur, pour notre malheur collectif.
Commentaires